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mardi, juin 21 2011

TAUREAU A LA CORDE

Bourgine castries Dit aussi, "taureau à la bourgine", la bourgine étant le nom provençal de la corde.

Taureau attaché à une corde que les habitants promènent à travers les rues du village en essayant d’éviter sa fureur.

Elle est la plus ancienne forme connue de jeu taurin.

Le taureau à la corde fut interdit progressivement au début des années 1970. Il fallut alors embouler l’animal, fermer le circuit et prendre toutes les précautions exigées par la loi. Il fut définitivement interdit par la suite.

VOVO

VOVO, le météore noir … Il a traversé le ciel taurin de sa brutalité, mais Vovo paya très cher cette folie furieuse qui l’animait constamment. D’abord par la brièveté de sa carrière au top niveau – six ans seulement de 1947 à 1953 – ensuite par des meurtrissures causées à son corps par des débordements répétés.

vovo

FAITS MARQUANTS : En 1951 à Lunel, Il brisa quarante huit poutres. Le même jour, après avoir tenté d’embrocher le raseteur Garric, Vovo le piétina et le mordit au cuir chevelu.
Avec Vovo les arènes étaient pleine à midi même si les courses ne débutaient qu’à 16 h. Vovo ne gagna aucun Trophée puisqu’ils n’existaient pas à cette époque.




Vovo 2 LA BELLE HISTOIRE : Vovo est né dans la nuit de Noël 1944 du coup de foudre de la vache Gyptis qui quittait régulièrement sa manade pour rejoindre son amoureux et non des moindres, puisqu’il s’agissait de Provence, un étalon de Raynaud. Régulièrement Gyptis et sa progéniture fuguaient pour aller rejoindre le beau Prouvenço, si bien que Marcel Raynaud appelait Vovo : « l’invité permanent »

mardi, août 31 2010

Urban Raset - Rémi GAILLARD

La Course Camarguaise par Rémi GAILLARD


Urban Raset (Rémi GAILLARD)

lundi, août 16 2010

Jacky Simeon supporteur de Pasteur

La photo est trouble, mais authentique.
Contrairement à ce qu'on peut penser, Jacky SIMEON supporte le taureau Pasteur. Cette photo volée a été prise lors d'une réception secrète pour fêter Pasteur l'enchanteur... (voir banderole en arrière plan)
Pasteur Simeon

samedi, février 20 2010

DENYS COLOMB DE DAUNANT, POETE DES CHEVAUX

Denys colombDans les années 1950, le village des Saintes Maries de la Mer vivait paisiblement. Les touristes ne venaient qu'au moment du pélerinage du mois de mai, puis l'été pour les bains de mer. Les promenades à cheval n'existaient pas encore.

Denys qui s'était marié avec Monique, la petite fille du Marquis de Baroncelli, en février 1949, venait de faire construire le mas de Cacharel dans un site merveilleux où la nature gardait encore ses droits.

Par son union avec la fille du Marquis il avait hérité de ce dernier de la manade de juments, et s'intéressait déjà à la sélection du cheval de Camargue. Quelques années plus tard les rosses ne lui suffirent plus et il fit l'acquisition de taureaux qui complètent son élevage.

Le plus souvent son bétail pâturait entre les Saintes, le communal, le clos de la barque et le Mas Neuf de Capette. L'hiver son troupeau se mêlait à celui de mon père Henri Aubanel. Vivant dans un monde où les taureaux, les chevaux et les oiseaux sont rois, Denys était émerveillé par ce spectacle fascinant, et très vite il fut attiré par l'image, la photographie et le cinéma.

Une heureuse rencontre entre un jeune diplômé de l'Idee : Albert Lamorisse et Denys le poète-écrivain donna naissance au mythique fils de Crin Blanc, qui sera primé au festival de Cannes en 1953 (film court métrage).

Denys devint réalisateur avec Braco en 1954, Clamador en 1955, le songe des chevaux sauvages, Corrida interdite.

Des livres accompagnèrent les films : Camargue en 1955, Magie de la Camargue, les derniers cavaliers du monde en 1968 ; Corrida picturale en 1991 ; Camargue et les Indiennes de Nîmes.

En 1963, il commença le tournage de la bête du Vaccarès, qui malheureusement ne se termina pas.

crin blanc Le succès de Crin Blanc a contribué en partie au changement du village des Saintes Maries de la Mer. Les touristes arrivaient de toutes parts pour voir Crin Blanc. C'est ainsi que Denys créa la première promenade à cheval.

Mainteneur des traditions, manadier, il conduisit les abrivado aux Saintes Maries, mais également dans d'autres villages tels Saint Gilles où les difficultés étaient grandes.

Sources : Pierre Aubanel

samedi, janvier 2 2010

LA CAMARGUE ET SA RESERVE EN 1973

Découvrez sur loucarmen.com les films d'hier et d'aujourd'hui. Ici, la camargue et sa réserve en 1973. Cette année là, Dur de Blatière était biou d'or.


LA CAMARGUE ET SA RESERVE EN 1973

LA SENSIBILITE CHEZ LE TAUREAU

Taureaux se lamentant
" Ainsi dans un grand troupeau, si une génisse a succombé, autour du cadavre étendu pour toujours, neuf soirs consécutifs, taureaux et taures viennent, sombrent, pleurer la malheureuse... Et le marécage et l'onde et le vent de leurs douloureux mugissements retentissent neuf jours "
F. Mistral, Mirèio, cant XII


Au cours de cette étude sur l'élevage et les moeurs du taureau sauvage de Camargue, j'ai pu parfois paraître amené à accorder à cet animal non seulement plus que de l'instinct, mais encore dans divers cas, une certaine intelligence...
On a pu décrire, au sujet de certaines races d'animaux ou d'oiseaux, l'amour, qui va jusqu'au sacrifice, entre mâle et femelle, ou encore l'amour du père et de la mère pour leurs petits. Mais a-t-on jamais parlé du deuil d'une collectivité animale ? Ce deuil collectif existe cependant chez le taureau Camargue. Mistral a décrit ce moment pathétique dans Mirèio et Mme Flandreysy... a réuni dans ses Archives Iconographiques du Palais du Roure, en Avignon, de curieuses photographies... Un membre du troupeau vient-il à mourir, la vue de sa dépouille étendue sur le sol met en émoi la manade toute entière.
Taureaux et vaches, qui, d'ordinaire, broutent paisiblement, paraissant indifférents à tout ce qui se passe autour d'eux, sont maintenant inquiets, agités. Fébrilement, ils vont et viennent, ne pouvant rester en place, flairant le sable, puis relevant et secouant leur tête, et l'abaissant encore vers la terre, mais ne touchant plus à l'herbe qui s'y trouve, combien et combien rare. On dirait qu'ils recherchent les traces laissées par le disparu avant de mourir et qu'ils essayent de deviner ce qui a pu déterminer sa mort.
Peu à peu, voici toute la manade ramenée, comme instinctivement, près de la dépouille qui a causé la stupeur générale. Un cercle se forme. Les têtes s'abaissent vers le compagnon d'hier et, dès lors, commence un véritable concert de beuglements lugubres.
Le spectateur le moins averti ne pourrait nier qu'il ne s'agisse ici de véritables lamentations. Tout dénote la tristesse du troupeau. Ses membres sont tous là, l'œil terne, le flan creux, la bouche béante, mugissant sans relâche tour à tour.

Les gardians, qui ont l'habitude d'approcher de très près leur bête au pacage, affirment avoir vu couler de leurs yeux désolés de véritables larmes, rares peut-être mais bien réelles.

  • Lou Barraliè et Chabaud affirment avoir vu des taureaux s'attrouper sur la tombe récemment recouverte d'un de leurs congénères. Selon ces gardians de vieille souche, les larmes coulaient des yeux des taureaux assemblés.ourrias
  • Jean Pierre Durieu, gardian de métier était présent lors de l'enterrement d'Ourrias de Jean Lafont (photo ci-contre), un célèbre cocardier mort de vieillesse. Lorsque le gardian a transporté le taureau vers sa dernière demeure, les quatre vingt vaches et le simbeù (guide du troupeau qui a une cloche) ont formé un long cortège silencieux derrière lui. Une fois enterré, le simbeù est resté de longues heures devant la stèle. Il a refusé de s'alimenter et trois mois plus tard il a rejoint son compagnon dans les prairies éternelles.
  • Il en a été de même pour Paco, le fidèle simbeù qui accompagnait un des plus grands cocardiers appelé Rami (F. Mailhan). Une fois Rami disparu, sont compagnon s'est laissé mourir. Il a été retrouvé sans vie trois mois plus tard...

Sources : Emblème de Isabel Marchand - Le taureau Camargue de J. Flandreysy et G. Bouzanquet

vendredi, novembre 27 2009

PASTEUR BIOU D'OR 2009

Moi Pasteur, fils de Camargue né aux Bernacles, il y a huit ans

"Me dison Pasteur e siéu fiéu de Camargo, nascu dins lou lume di ribo de Vaccarès". Je me nomme Pasteur et suis fils de Camargue, né sur les rives du Vaccarès. Et c'est un peu, la langue provençale, comme le bruit des roseaux qui ont bercé mes premières heures, tandis que ma mère, vache de la manade des Bernacles, léchait mon poil frisé.

Entre étangs et rizières

pasteurComme mes frères de sang, je suis fils de cocardier. De la race des taureaux de Camargue qui vient, dit-on, de la nuit des temps. Je suis né à la manade Fabre-Mailhan, et j'aurai pu n'être qu'une tâche noire parmi d'autres: pendant quatre ans, comme mes frères, je n'ai pas eu de nom. Sauf que cette année, moi Pasteur, je suis Biou d'or. Le meilleur taureau de la saison. Et j'ai vu des larmes dans les yeux de Jacques Mailhan qui m'a élevé. Ne riez pas: c'est lui qui dit qu'avec les taureaux, "on se parle avec les yeux".

J'ai grandi aux Bernacles, sur la commune d'Arles. Loin du regard des hommes, mais sous celui de Jean-Marie Londès, de Jacques. Je les reconnais à leur voix, leur taille, la façon dont ils me parlent et même, dont ils marchent. Mes trois premières années ont été douces: l'hiver, aux cabanes de Romieu chez Hélène Fabre, au bord du Vaccarès, nourri de foin et de luzerne par les gardians. Dès mars, je découvrais les arènes où on me faisait sortir avec mes frères, les cornes emboulées. À trois ans, on m'a castré. Souvenir cuisant, oublié ce fameux jour où un gamin de l'école taurine de Bouillargues, m'a remarqué. Je suis "combatif et je me place tout de suite le cul contre la barrière", dit Jacques Mailhan. De là, malin, je vois toute l'arène et ces hommes qui me tournent autour. J'anticipe leurs gestes. C'est mon talent. C'est ce gamin, Corentin Charmasson qui m'a baptisé. J'avais un nom, Pasteur. Me restait à le faire dans les arènes, sur les traces de Rami, Biou d'or de la manade, il y a longtemps. On dit que je suis sauvage. Jacques dit même "grand prêtre": un peu solitaire, n'aimant pas embêter mais n'aimant pas être dérangé. Comme mes frères je suis aussi un peu félin disent aussi les gardians: "les taureaux entendent tout, devinent, sentent les choses, à l'instinct". Mais comme mes pairs, heureux dans ma manade, je suis serein et en paix, aimé. Et si j'aime le bruit des arènes, j'aime cette paix et cet amour des hommes. Je suis fier d'avoir donné à Jacques Mailhan et Hélène Fabre, l'or de ma gloire: leur passion de la bouvino, elle, ne nourrit pas les manades. Quand je m'endormirai, peut-être en rives du Vaccarès là où d'Arbaud a imaginé une "bête" illustre, j'aimerais être enterré debout. C'est la tradition: face à la mer, "face à l'infini" dit encore Jacques, mon manadier. C'est interdit désormais. Mais qui sait: à ma façon, je disparaîtrai dans les marais. On ne trouvera jamais mon corps. Et je serai un héros de plus, au firmament des taureaux de race Camargue.

  • Article de Silvie Aries, publié le dimanche 11 octobre 2009 sur le Site du journal La Provence

vendredi, novembre 20 2009

LES BIOU STATUFIES

Clairon

  • Clairon de la manade Granon a sa statue à Beaucaire. On fit faire au taureau un voyage à Paris spécialement pour poser devant le sculpteur Marcel Courbier. En bronze, la statue originale a été inaugurée le 23 juillet 1939 et enlevée pendant la guerre en 1943 lors de la réquisition des métaux non ferreux. Une nouvelle oeuvre, en pierre, conçue par le sculpteur Camille Soccorsi, se trouve sur la route de Tarascon depuis 1963.

Goya

  • Goya de Laurent, biou d'or en 1976, à également sa statue à Beaucaire. Erigée en mai 1984 sur la place Jean Jaurès et cela de son vivant. Oeuvre de Camille Soccorci
  • Pascalet de la manade Rebuffat, biou d'or 1980, a sa statue à Lunel. Oeuvre de Max Pujol, instalée en 1990 et financée par les 12 clubs taurins de la ville.
  • A l'an 2000, Vauvert a élevé une statue à Gandar de la manade Blatière, biou d'or 1955.
  • La statue de Muscadet, taureau de la manade Rouquette, biou d'or 1998, domine le rond-point de la place de la paix à Mauguio depuis 2005.

  • Camarina de la manade Chauvet, triple biou d'or, a été superbement statufié en bronze en 2009. Cela de son vivant, à Sénas, au centre du rond point de la RN 538. Il est à ce jour le seul cocardier ayant sa statue en Provence. Oeuvre du sculpteur Sénassais Peter Ball, elle a été réalisée à la demande de la municipalité.

Source Vidéo : Télé Miroir

lundi, novembre 16 2009

FOLCO DE BARONCELLI-JAVON

Ecrivain et manadier camarguais (1er novembre 1869, Aix-en-Provence – 15 décembre 1943, Avignon)

BIOGRAPHIE

  • Famille et jeunesse

Folco de Baroncelli-Javon, naît à Aix-en-Provence le 1er novembre 1869, mais sera baptisé à Avignon où demeurent ses parents. Il descend d'une vieille famille florentine installée en Provence depuis le XVe siècle dans un bâtiment au plein centre d'Avignon, le palais de Baroncelli, appelé plus récemment "Palais du Roure". Celui qui devait devenir gentilhomme-gardian appartient par son père1 à une très vieille famille d’origine toscane et de tradition gibeline, qui posséde depuis le début du XVIe siècle le marquisat de Javon, dans le diocèse de Carpentras. Sa famille, quoique aristocratique, parle le provençal, une véritable hérésie à l'époque où cette langue ne peut être que celle du peuple.

Il fait ses études à Avignon, alors ville taurine et capitale des félibres, où il rencontre Mistral et Roumanille. Dès 1890, il publie un premier ouvrage en provençal, Babali, et dirige avec Mistral le journal l'Aioli.

  • Sa vie camarguaise

BaroncelliEn 1895, le Marquis, comme on l'appellera désormais, se rend en Camargue et monte une manade, la Manado santenco, aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Il se marie avec la fille d'un propriétaire de Châteauneuf-du-Pape; de ce mariage, il aura trois filles, mais sa femme supporte mal le climat camarguais et leur vie commune est épisodique. Néanmoins, le 30 juillet 1899, il s'installe définitivement aux Saintes sur la petite route du Sauvage, au mas de l'Amarée en locataire du propriétaire d'alors, monsieur Allègre.

En 1905, il rencontre Joe Hamman puis Buffalo Bill à l'occasion d'une représentation de la troupe américaine à Nîmes. Ayant noué une relation d'amitié avec ce dernier, il propose les services de ses gardians qui participent avec les indiens et les cow-boys aux spectacles de Buffalo Bill.

En septembre 1907, les crues noient une partie de sa manade.

En mai 1908, sa rencontre avec Jeanne de Flandreysy le marque à jamais. Il tombe amoureux de cette belle mais très indépendante femme, véritable égérie provençale. Si, amoureusement leur relation fut brève, leur amitié dura jusqu'à la mort du marquis.

Dès le début du XXe siècle, le Marquis s’attelle avec d’autres à la reconquête de la pure race Camargue, tout comme il participe activement à la codification de la course camarguaise naissante. La sélection draconienne qu'il opère est récompensée par son taureau Prouvenço, historique cocardier qui déchaine les foules, baptisé ainsi autant pour ses qualités esthétiques que combatives. Le 16 septembre 1909, il crée la Nacioun gardiano3 (ou "Nation gardiane"), qui a pour objectif de défendre et maintenir les traditions camarguaises.

Les carnages et sa participation à la guerre de 1914-1918 le touchent profondément et à la suite de propos anti-militaristes qui auraient pu lui valoir le peloton d’exécution, il est interné au fort de Peccais.

A la fin de la Guerre, Jeanne de Flandreysy rachète le palais du Roure, sauvant ainsi le marquis d’une première ruine ; elle l’incite à cette époque à écrire.

En 1924, il demande à Paul Hermann de concevoir et dessiner la croix camarguaise qui symbolise la Nacioun gardiano. La croix originelle est réalisée par Joseph Barbanson, forgeron aux Saintes-Maries-de-la-Mer et inaugurée le 7 juillet 1926 sur un terre-plein de l’ancienne sortie sud-est de la cité camargaise.

  • Au mas du Simbeu

Baroncelli simbeuToutefois, les problèmes financiers s’accumulent et en 1930, désargenté, il doit quitter le mas de l'Amarée où il habite. Les Saintois se cotisent alors et lui offrent un terrain sur lequel il construit le mas du Simbèu (le Symbole); le 1er octobre 1931 à minuit : il quitte ainsi l’Amarée pour le Simbeu.

Dans les années 30, il dénonce le projet d'assèchement du Vaccarès, se bat pour la création d'une réserve et manifeste pour le maintien des courses camarguaises. Il témoigne aussi pour le maire communiste des Saintes-Maries-de-la-Mer, Esprit Pioch, et prend parti dans la guerre d’Espagne pour les Républicains espagnols. Il soutient également les gitans et leur pèlerinage. A sa demande, l’Archevêque d’Aix, Monseigneur Roques, tolère que la statue de Sara, patronne des gitans, soit amenée jusqu’à la mer, ce qui est réalisé, pour la première fois, le 25 mai 1935. Toutefois, ce n’est qu’à partir de 1953 que des prêtres participeront à cette procession.

La fin des années 1930 n'est pas très heureuse pour le marquis. En février 1935, il tombe gravement malade et il est très affecté par le décès de son épouse survenu le 8 août 1936. En 1938, à nouveau gravement malade, il est transporté d’urgence au centre médical de Nîmes. Et à la veille de la guerre en février 1939, c’est la fin de sa manade. En 1940, il proteste auprès de Daladier après des manoeuvres de tirs d'avions dans le Vaccarès.

La guerre 1939-1945, lui sera en quelque sorte fatale. Lors de l’arrivée des Allemands en zone libre en 1942, ces derniers s’installent dès le 16 novembre 1942 dans son mas du Simbeu, réquisitionné en janvier 1943. Finalement, le 17 février, le Marquis de Baroncelli est expulsé et s’installe dans le village même des Saintes. Affaibli par la maladie et terriblement attristé, le marquis s’éteint à la fin de 1943. Il reçoit l’extrême onction et décède le 15 décembre 1943 peu avant 13 heures à Avignon.

Tombe baroncelliSON TOMBEAU

Son mas Lou Simbeu est détruit en 1944, lorsque les troupes allemandes quittent le pays.

Le 21 juillet 1951, les cendres du « Marques » sont transférées dans un tombeau à l’endroit même où se trouvait le mas du Simbeu. Lors de ce transfert, alors que le convoi funèbre longe les prés, les taureaux de son ancienne manade se regroupent et suivent lentement le cortège, comme accompagnant leur maître une dernière fois.

Ainsi, selon sa volonté :

Lorsque je serai mort, quand le temps sera venu, amener mon corps dans la terre du Simbeu, ma tête posée au foyer de ma vie, mon corps tourné vers l'église des Saintes, c'est ici que je veux dormir.", le Marquis repose sur les lieux de son dernier mas. Sa tombe, d'une grande sobriété, peut se visiter. mas simbeu

LA MORT DU TAUREAU PROUVENCO

"Dans les premiers jours du mois de mai 1909 Prouvènço fit à Vauvert, une course merveilleuse, la plus belle de sa vie, pendant laquelle il blessa grièvement le « Grand-Beaucaire » et qui fut son vrai chant du cygne."

« Le 29 mai, à l’aurore, la manade se trouvait disséminée sur la rive de l’étang des Lones, situé entre le territoire de l’Amarée et les Saintes-Maries-de-la-Mer. Au levant, le globe du soleil venait à peine de dépasser l’horizon. Des troupes de flamants s’ébattaient dans les eaux, en croassant ; les pies de mer rasaient la terre de leur vol, puis, s’élevant tout à coup, planaient avec des cris perçants. La pureté du ciel, la sécheresse de l’atmosphère faisaient présager le réveil prochain du mistral de la veille. Mais, pour l’instant, la nature était immensément calme. La mer étincelait au loin, en nappe d’argent, et promenait mollement, sur la plage, la musique de ses vagues. Et toute la plaine se tachetait du noir des boeufs et de la blancheur des chevaux. Provence

Depuis la veille, Prouvènço suivait une génisse. Ses rivaux, selon leur habitude, rôdaient au large autour d’eux et Laietoun, plus hardi, ayant osé s’approcher, venait de recevoir une profonde estafilade à la cuisse. Tout à coup, l’étendue salée résonna d’un mugissement venu à la fois de toute la manade ; sourd d’abord, lourd et sombre comme les ténèbres de la nuit, il s’élevait rapidement, dominé, de temps à autre, par des voix stridentes, puis il éclata dans les airs en un concert de hurlements farouches. Ainsi, chaque jour, lés taureaux saluent le soleil. Prouvènço, quittant sa vachette de quelques pas, gravit une mountiho, au bord de l’étang. Face aux Saintes, il faisait, en grattant, voler le sable qui retombait comme une pluie sur sa tête et sur son échine et, de son beuglement, il soutenait, en sourdine ou en clameurs aiguës, le beuglement de la manade. Celle-ci, maintenant, se taisait peu à peu. On n’entendait plus que quelques cris isolés, défis de taureaux, appels de vaches, vagissements de jeunes veaux. La génisse humait l’air sous la dune, dressant les oreilles, tendant sa tête fine vers le mâle. Prouvènço se campa comme un bronze, sa queue battait ses flancs ; il éleva la tête et jeta vers le Levant un formidable cri de guerre. Au même instant, le Sangar arrivait droit sur la génisse. Prouvènço fit un pas ; mais, cette fois, son adversaire acceptait la bataille.

En deux bonds, il eut escaladé la mountiho et, dans un choc terrible, les fronts se heurtèrent. Les taureaux sont d’admirables escrimeurs : comme le fleuret, leurs cornes parent et attaquent.

Un long moment, Prouvènço et le Sangar demeurèrent tête contre tête, arc-boutés dans un effort énorme, les jarrets tendus, chacun cherchant à faire reculer l’autre ; mais la force du fils égalait aujourd’hui celle du père. Ils se découpaient comme des statues d’ébène sur la pourpre du matin, dans un ciel sans nuage. L’air était d’une transparence infinie. Le désert, immense et désolé, s’étendait au loin. Là-bas, là-bas, le Ventoux, le rocher de Vaucluse, les Alpilles, les montagnes d’Aix et de Marseille se profilaient en bleu dans l’est diamantin et, de l’autre côté de l’étang, l’église des Saintes-Maries se dressait, énorme et vermeille, au-dessus des maisons blanches et des cabanes, serrées à ses pieds comme des brebis autour du berger.

Aucun des deux taureaux ne lâchait prise ; c’était un duel sans merci ; celui qui faiblirait devait mourir. Parfois, les fronts frisés et noirs cessaient de se toucher, les combattants semblaient reculer, chacun de son côté ; leurs cornes finissaient par se trouver bout à bout, mais aucun des deux ne permettait à l’autre de les dégager entièrement ; et, d’un élan formidable, qui creusait la terre sous eux, la bataille recommençait. Dans cet enchevêtrement, il n’eût pas été possible de discerner de quel côté se trouvait l’avantage : la lutte était égale. Tous deux attaquaient à la fois et aucun ne se découvrait.

En peu de temps, tous les mâles de la manade furent rangés sous la mountiho, tour à tour allongeant le mufle, grattant le sol de leurs sabots en grognant ou s’agenouillant pour planter leurs cornes dans le sable et dans les salicornes, comme s’ils eussent voulu les aiguiser. La génisse broutait les joncs à quelques pas de là...

Laietoun et le Bandit , semblables à des démons, couraient en rond, la gueule ouverte, la langue sortie, hurlant à la mort.

Soudain, comme s’ils venaient de prendre en-semble la même résolution furieuse, ils bondirent tous deux sur Prouvènço, par derrière, et sans lui donner le temps de lâcher le Sangar et de leur faire tête.

Le Bandit lui perça la cuisse tandis que Laietoun d’un coup de corne lui déchirait le flanc gauche. Prouvènço poussa un effroyable rugissement et, le ventre ouvert, les entrailles pendantes, telle une idole d’airain dont la foudre vient de briser le socle, il roula au pied de la mountiho. Tous les mâles à la fois se précipitèrent sur lui et, au milieu d’un infernal vacarme, grisés par le carnage, ils plongèrent leurs cornes dans sa chair et se vautrèrent dans son sang.

Le Sangar filait au trot à travers la plaine, poussant devant lui la génisse.

Le calme est revenu parmi la gent sauvage ; les fauves ont repris leur allure insouciante ou leur air morne ; nonchalamment, ils déambulent, paraissant même n’avoir plus faim."

« Prouvènço » venait de mourir dans un combat d’amour » (J. de Flandreysy). C’était en 1910.

vendredi, novembre 13 2009

GANDAR ET L'ACCIDENT DE VAUVERT

A la seule lecture de ce titre, un afeciouna fait immédiatement la relation avec celui qui frappa la manade Blatière le 25 septembre 1950 et qui ébranla le monde de la Bouvine.

GANDAR: on l’appela d’abord « Grandes Banes » mais un jour, parlant de lui, Arthur Blatière dit à son frère Alfred : « Tèn pas dre, mai es un brave gandar ! » (il ne tient pas droit, mais c’est un sacré voyou). C’est vrai qu’il n’était pas épais. Ce nom devait lui rester et il est dans toutes les mémoires afeciounado.

En ce lundi soir, le char rentrait de Nîmes où la Royale des As de Blatière venait de triompher dans l’après midi. Elle était composée, dans l’ordre de sortie, de Mioche, Lebret, Mécano, Vanneau, Gandar et Coulobre. Au volant, Frédou Blatière regagnait les Prés sous la pluie avec son précieux chargement. L’accident se produisit vers 19 heures en entrant dans Vauvert, au passage à niveau de la ligne du Grau du Roi dont la barrière n’était pas baissée. Percuté à l’arrière par la « Micheline » venant de Nîmes - remplie d’afeciouna qui avait assisté à la course - le char fut traîné sur plusieurs dizaines de mètres. Seule la cabine résista, permettant à ses quatre occupants d’en sortir indemnes. Par contre, derrière eux, ce fut le drame.I

Gandar avant l'accidentInterview réalisée par M. Jean-Claude Dufau auprès de M. André Blaquière, alors gardian chez Blatière et qui vécut ces moments tragiques.

J.C.D : Comment cet accident a-t-il pu se produire ? A.B : Je n’étais pas dans le char mais il faut souligner qu’il pleuvait très fort et que la visibilité était réduite. Lors de l’accrochage avec l’autorail, le simbèu Gàrri et Vanneau (la vedette à l’époque qui sortait quatrième) sont morts sur le coup (1).

J.C.D : Où sont allés les taureaux qui échappèrent à la mort ?

A.B : Mioche et Coulobre qui étaient restés attachés dans le camion furent transférés dans le char de Marceau et ramenés à la manade. Quant à Gandar qui avait arraché sa corne droite (2) en se libérant du char devenu prison, il était parti à travers champs en compagnie de Mécano et Lebret. Le 26 on retrouva Mécano aux Iscles.

J.C.D : Et pour le pauvre Gandar, comment a-t-on retrouvé sa trace ?

A.B : Gandar et Lebret allèrent au Pré de la Ville, à proximité du bouvau de Me de Montaut-Manse. Jean Sol y était gardian à l’époque. Dans l’après-midi du mardi, M. Blatière me demanda de récupérer les bêtes. Je partis des Iscles à cheval, non sans, je dois l’avouer, une certaine émotion que vous comprendrez. En effet, chemin faisant je me demandais si les bêtes me reconnaîtraient et dans quel état elles se trouveraient. Enfin j’arrivai près d’elles. Gandar faisait triste mine avec son moignon sanglant, il était couché près de Lebret. Je lui parlai doucement et au son de ma voix il se releva et partit.

J.C.D : Vous n’étiez donc pas au bout de vos peines ?

Gandar après accidentA.B : Non bien sûr et le trajet derrière les deux taureaux fut encore long. Nous passâmes les Prés de Président, la Basse Clapière, la Tour d’Anglas et nous débouchâmes sur le Pont Rouge (autre nom du Pont des Touradons). Là, aidés de deux piétons, Emile Sequier et Georges Cabanis, le père de Jean le raseteur, je fis passer le pont aux rescapés. Ma mission était terminée. Le lendemain on repérait Gandar et Lebret au bord de l’étang des Iscles ». Malgré le choc, les deux taureaux n’avaient pas perdu le sens de l’orientation et avaient conservé toutes leurs facultés. Mécano, pratiquement indemne, avait regagné ses prés le premier. Il n’en avait pas été de même pour Gandar. La plaie au crâne était importante, il avait des côtes enfoncées et un tendon cassé. Le vétérinaire était pessimiste, pourtant… Huit mois plus tard, le 15 avril 1951, Gandar retournait en piste à Lunel. A neuf ans, il entamait la seconde carrière que l’on connaît. En 1955 le Biòu d’Or couronna ce cocardier d’exception (3) qui symbolise à lui seul la manade des Iscles (4).

  • (1) En réalité ils furent abattus à proximité
  • (2) Jacques Blatière a conservé cette corne et a fait enterrer les restes du grand taureau à proximité de son Mas aux Iscles où une stèle rappelle « Gandar, 1942-1963 »
  • (3) Le premier trophée ayant été remis l’année précédente à la royale de Bilhau, Gandar fut en fait le premier unique « Biòu » d’Or.
  • (4) Gandar avait couru à Eyragues le 10 juillet 1950 pour la 3ème journée de la toute première Corne d'Or avec Lebret, Mioche, Mécano, Coulobre et Caraque. Ce jout-là il blessa sérieusement André Douleau de la corne droite qu'il perdit le 25 septembre.

jeudi, novembre 12 2009

LES RASETEURS VICTIMES DE LA CORNE

Mémorial

  • 1881, le 4 septembre 1881 en Arles, le raseteur Casimir Payant dit « Renfort » fut tué par le taureau Dumolard de la manade Sabatier du Tey du Roustant
  • 1883 en Arles, le raseteur Bossy fut tué par un taureau croisé de Yonnet nommé Valdemore.
  • 1886 , Robert Louis, dit le "sabre", fut tué par "Méfiez-vous" de Papinaud.
  • 1897 en Arles, un dénommé Lieutard fut tué par le taureau Paré de la manade Martin.
  • 1924, le 15 Septembre, à Graveson, le raseteur Ameletto Jacopini dit Melette trouva la mort par le taureau Lou Bandot.
  • 1925, le 5 Juin, à Sommières, le raseteur Marius dit Zouzou, trouva la mort par le taureau Bramaïre de la manade du Languedoc.
  • 1932, le 9 Août, à Bernis, André Bastide fut victime de la corne de Saint-Laurentais de Baroncelli.
  • 1932, le 2 Octobre, à St Remy de Provence, Loulou Berbedés fut tué par le taureau Désiré de Fernand Granon.
  • 1934, le 14 Octobre, à Mouriés, Jean Gerbaud fut victime face à Napaqua taureau de Saurel.
  • 1948 à Générac, Villera Paul, dit Cube, fut tué par Galant d’Henri Aubanel.
  • 1956, le 8 Avril, à St Remy de Provence, Antoine Tosi fut tué par le taureau Cigalier de Rébuffat.
  • 1958, le 15 Juin, à Mejanes, Guy Ramos dit Manolo fut tué par le taureau Caillet de l’Amarée.
  • 1965, le 08 Mai, à Beaucaire, c’est François Canto qui fut tué par le taureau Aureillois de Chauvet-Chapelle.
  • 1985, le 12 Octobre, à St Laurent-d’Aigouze, Bruno Jauffrès fut tué par un taureau jeune de la manade de l’Amarée portant le numéro 101.
  • 2001, le 29 Avril, à Lansargues, Pierry Gibert victime d’un coup de corne meurtrier par le cocardier Virovent de la manade Fabre-Mailhan
  • 2003, le 5 juillet, à Aigues-Vives, Jean-Paul Fesquet décédé suite à une blessure infligée par un taureau jeune de la manade Occitane revenu en piste.

INTERVIEW DE FERNAND GRANON (1962)

Film témoignage avec Mr Fernand Granon. On y découvre un homme saisissant et voué à ses taureaux.

mercredi, novembre 11 2009

ORIGINES DU TROPHEE TAURIN ET BIOU D'OR

C’est à un Niçois venu vivre à Marseille que le Trophée Taurin et le Biòu d’Or doivent le jour

Après une existence faite de voyages, Georges Thiel et sa famille se fixèrent à Marseille. Ce jeune homme, natif de Nice et revenu dans le midi, fut alors pigiste au "Petit Marseillais" jusqu’en 1942. Puis, devenu journaliste professionnel, il participa à la rédaction du "Provençal" et en fut bientôt le responsable pour l’édition gardoise.

Georges THIEL Ainsi eut-il son premier contact avec la course camarguaise. Il lui parut alors intéressant de mettre en place une rubrique taurine régulière, mais cela -idée nouvelle- dans le cadre d’une compétition se déroulant sur l’ensemble de la saison. Il pensait que l’on pouvait, de cette manière, mieux structurer l’organisation de la course camarguaise.

La direction du "Provençal" décide de patronner ce trophée, mais il paraissait difficile d’organiser une telle affaire depuis Marseille. Alors, on se met à la recherche de personnes compétentes résidant en pays de bouvine. A Beaucaire, on trouve Marius Gardiol, greffier et correspondant de presse, dont chacun a connu la signature de chroniqueur taurin : Mario. Peu de temps après, Paul Laurent est à son tour contacté. En octobre 1951, les bases du Trophée Taurin sont en place et, dès sa première édition, il va connaître un franc succès.

La saison 1952 se déroule sur 44 courses, dans des arènes de différentes notoriétés, avec toutefois une qualité de spectacle assez irrégulière. Mais, le 5 octobre 1952, pour la finale qui se déroule à Beaucaire, les arènes sont combles. Le tout premier lauréat se nomme André Douleau.

Puis, les arènes de Beaucaire étant trop exiguës, on décide que Nîmes et Arles accueilleront alternativement la finale. Dans le même temps, une commission avait été mise sur pied. Charles Triaire, Président de la Section Course Libre de la fédération de ce temps en avait pris la tête. Ce conclave existe toujours et il est chargé de la bonne marche de la compétition, de la cotation des taureaux, de la désignation du Biòu d’Or... Mais cette dernière attribution n’est venue que par la suite.

En effet, au tout début du trophée, seuls les raseteurs recevaient prix et honneurs. Mais, après consultation entre les organisateurs, il fut décidé de décerner une récompense à la meilleure royale de la saison. Cette distinction serait concrétisée par la remise d’un objet d’art, non accompagnée d’un prix en espèces : Le Biòu d’Or.

Gandar Le premier récipiendaire en fut Emile Bilhau, en 1954, pour sa course composée de Garri, Poète, Sultan, Carretié, Rousty et Janot.

Pourtant, dès la seconde année, le règlement fut modifié et ce fut à un seul cocardier que le Biòu d’Or fut attribué : Gandar de la manade Blatière fut le premier taureau ainsi récompensé.

Au fil des années, le Trophée Taurin connut bien d’autres changements et remaniements. D’autre part, les charges étant de plus en plus lourdes, les organisateurs durent faire appel à des sponsors : Ainsi, plusieurs enseignes commerciales furent tour à tour associées à la compétition. Enfin, la fusion avec le Midi Libre lui donna un essor plus grand encore.

Le fait de demander une contribution financière à tous les organisateurs de courses inscrites au Trophée Taurin impliqua aussi plus de rigueur. Mais ce dernier n’échappa pas pour autant aux critiques pour bien des afeciouna, si le classement purement mathématique des raseteurs ne pouvait être sujet à caution, le vote du Biòu d’Or, par contre, suscita -et suscite toujours- bien des récriminations, des suspicions et des attaques.

Il est vrai que certains présentent comme argument majeur le fait que le Biòu d’Or n’est pas celui de tous les afeciouna, même s’ils ne désirent pas, en cela, mettre en doute l’intégrité ou la compétence des votants.

Pour d’autres, principalement de petits organisateurs, le Trophée Taurin draine les raseteurs vers d’autres arènes que les leurs, car il est un moyen de s’assurer de leur présence en piste... Nous nous garderons de commentaires et de développements, mais force est de constater que des compétitions nombreuses et variées ont vu le jour après sa création ; qu’elles soient ou non disputées sur un nombre de courses important. Emulation ou moyen de lutte contre une institution jugée trop envahissante ?

L’exemple du Trophée de l’Aficion Provence Languedoc, créé en 1975 et depuis disparu, fut le résultat du mécontentement de plusieurs clubs organisateurs, après certaines modifications apportées au règlement du Trophée Taurin.

Mais cette compétition a néanmoins confirmé son succès, son prestige et son ampleur tout au long de ses éditions successives. N’en veuillons pour preuve que la saison taurine 1996 : 124 courses furent inscrites au Trophée des As et 208 courses au Trophée de l’Avenir. Les finales connaissent toujours l’affluence et l’estrambord. Le classement des raseteurs fait référence... Et demandez à un manadier quelle est la récompense qu’il apprécierait par-dessus tout pour l’un de ses cocardiers !

PETITES HISTOIRES AUTOUR DU BIOU D’OR

LebrauLe Biòu d’Or n’a pas toujours été décerné plusieurs jours à l’avance comme cela se fait aujourd’hui. II fut un temps où le vote se déroulait le jour même de la finale. Et le taureau auquel on venait de décerner le prix sembla quelquefois prendre un malin plaisir à faire mentir les votants. Ainsi, Lebrau de Jean Lafont, qui n’avait pas l’habitude de franchir la contre piste, se mit à le faire pendant tout son quart d’heure de finale, le 13 octobre 1963. A la demande du manadier, ce fut donc Mario qui fut sacré.

Le 12 octobre 1969, Rami, le grand cocardier de Fabre-Mailhan renouvela quelque peu ce contre exploit après une saison très méritoire. Mais lui, il n’en garda pas moins son titre. On se souvient aussi qu’en 1957, Régisseur étant proclamé Biòu d’Or, ses manadiers ne se présentèrent pas en piste pour recevoir les honneurs. Leur motif, au demeurant très avouable, était que, lors du changement de règlement (passant de l’attribution du prix d’une course complète à un seul cocardier), ils possédaient une royale méritant amplement le Biòu d’Or. Aussi se sentirent-ils lésés et ils le firent savoir de cette façon...

Sources : Alain LABORIEUX

dimanche, octobre 4 2009

COURSE A LA COCARDE EN 1963

Léon Zitrone, co-animateur du jeu télévisé Intervilles avec Guy Lux, a commenté pendant des années les exploits des vachettes. Ce que nous savons moins, c'est qu'il a aussi prêté sa voix pour la course à la cocarde. C'était le 18 septembre 1963 dans "les coulisses de l'exploit"...

Découvrez ce document rare ou on peut voir notamment André Soler, sextuple vainqueur du trophée des As.


TAUREAUX ET RASETEURS

COURSE A LA COCARDE EN 1948

Découvrez sur loucarmen.com les films d'hier et d'aujourd'hui.

Ici, des images de la course à la cocarde en 1948 dans les arènes d'Arles. Les passionnés et les connaisseurs reconnaîtront, peut être, Lucien Volle qui a gagné la cocarde d'or cette année là.


COURSE A LA COCARDE (ARLES - 1948)

mardi, septembre 22 2009

39ème TROPHEE DE LA MER

Dans les coulisses de la manade Fabre-Mailhan et de son taureau Pasteur. Et retour en images jusque dans les arènes du Grau du Roi où notre cocardier remporte la finale... Extrait du film PASTEUR


PASTEUR (FABRE MAILHAN)

samedi, septembre 19 2009

PALMARES DU TROPHEE DES AS

Le Trophée des As récompense le meilleur raseteur de la saison taurine de course camarguaise. Ce trophée a été créé en 1952 et il est décerné chaque année lors de la finale. Si la première édition a eu lieu à Beaucaire, depuis c'est la ville d'Arles et de Nîmes qui accueillent l'événement.

Ci-dessous le palmarès du trophée des AS (Année - Nom du vainqueur)

  • 1952 - André DOULEAU
  • 1953 - André DOULEAU
  • 1954 - Roger DOULEAU
  • 1955 - Manolo FALOMIR
  • 1956 - Manolo FALOMIR
  • 1957 - Manolo FALOMIR
  • 1958 - André SOLER
    Pascal Roger
  • 1959 - Roger PASCAL (Photo)
  • 1960 - André SOLER
  • 1961 - André SOLER
  • 1962 - André SOLER
  • 1963 - André SOLER
  • 1964 - André SOLER
  • 1965 - Maurice RINALDI
  • 1966 - Norbert GENESTE
  • 1967 - Norbert GENESTE
  • 1968 - Maurice RINALDI
  • 1969 - Robert MARCHAND
  • 1970 - Patrick CASTRO
  • 1971 - Patrick CASTRO
  • 1972 - Patrick CASTRO
  • 1973 - Emile DUMAS
  • 1974 - Emile DUMAS
    Ferrand Thierry
  • 1975 - Patrick CASTRO
  • 1976 - Patrick CASTRO
  • 1977 - Patrick CASTRO
  • 1978 - Patrick CASTRO
  • 1979 - Jacky SIMEON
  • 1980 - Patrick CASTRO
  • 1981 - Thierry FERRAND
  • 1982 - Christian CHOMEL
  • 1983 - Christian CHOMEL
  • 1984 - Christian CHOMEL
  • 1985 - Thierry FERRAND
  • 1986 - Thierry FERRAND
  • 1987 - Thierry FERRAND
  • 1988 - Thierry FERRAND
  • 1989 - Christian CHOMEL
  • 1990 - Luc MEZY
  • 1991 - Luc MEZY
  • 1992 - Thierry FERRAND
  • 1993 - Luc MEZY
    Allouani
  • 1994 - Luc MEZY
  • 1995 - Thierry FELIX
  • 1996 - St.ROUVEYROLLES
  • 1997 - St.ROUVEYROLLES
  • 1998 - Mouloud BENSALAH
  • 1999 - Mouloud BENSALAH
  • 2000 - Sabri ALLOUANI
  • 2001 - Sabri ALLOUANI
  • 2002 - Sabri ALLOUANI
  • 2003 - Sabri ALLOUANI
  • 2004 - Sabri ALLOUANI
  • 2005 - Sabri ALLOUANI
  • 2006 - Sabri ALLOUANI
  • 2007 - Loïc AUZOLLE
  • 2008 - Sabri ALLOUANI
  • 2009 - Sabri ALLOUANI
  • 2010 - Loïc AUZOLLE

LES BIOU D'OR DE 1954 A NOS JOURS

Le Biòu d'or a été créé en 1954, mais cette année là, la récompense suprême a été attribuée à la Royale d'Emile BILHAU. Après modification du règlement, le Biòu d'or est attribué depuis 1955 au meilleur taureau.

C'est une commission, formée d'afeciouna, qui est chargée chaque année d'élire le Biòu d'or. D'ailleurs, les 25 membres de cette commission, répartis sur les trois départements des Bouches du Rhône, du Gard et de l'Hérault, suscitent parfois des mauvaises critiques. Il faut dire que même si ils votent en leur âme et conscience, l'élection du Biòu d'or c'est comme le patinage artistique. C'est quelques juges qui décident et pas le public passionné. Ainsi, on peut penser que certains taureaux n'ont pas été récompensés l'année de leur meilleure saison. On peut aussi penser que certains Biòu méritaient d'autres sacres. Rami, par exemple, qui a tellement marqué son époque, a été titré deux années seulement. Idem pour Goya, baptisé le seigneur de Camargue, titré une seule fois. On peut aussi noter que Loustic ayant gagné trois fois le Biòu d'or a été éliminé pour les années suivantes.

Il reste que tous les taureaux titrés sont des grands cocardiers. Plus de cinquante ans après, les élus continuent de marquer les mémoires. Ils sont à jamais inoubliables.
Ci-dessous le palmarès des Biòu d'Or (Année - Nom du cocardier - Manade)

  • 1954 - Royale (Bilhau)
    Rami
  • 1955 - Gandar (Blatière)
  • 1956 - Cosaque (Lafont)
  • 1957 - Régisseur (Raynaud)
  • 1958 - Lopez (Thibaud)
  • 1959 - Tigre (Laurent)
  • 1960 - Tigre (Laurent)
  • 1961 - Vergézois (Blatière)
  • 1962 - Caraque (Laurent)
  • 1963 - Mario (Lafont)
  • 1964 - Petit Loulou (Aubanel)
  • 1965 - Loustic (Laurent)
  • 1966 - Loustic (Lauren)
  • 1967 - Cailaren (Lafont) et Loustic (Laurent)
  • 1968 - Galapian (Guillerme)
  • 1969 - Rami (Fabre-Mailhan)
  • 1970 - Vergézois (Blatière)
  • 1971 - Rami (Fabre-Mailhan)
  • 1972 - Joinville (Lafont)
  • 1973 - Dur (Blatière)
  • 1974 - Gardon (Laurent)
  • 1975 - Duc (Rouquette)
  • 1976 - Goya (Laurent)
  • 1977 - Ventadour (Lafont)
  • 1978 - Ringot (Blatière)
    Goya
  • 1979 - Ventadour (Lafont)
  • 1980 - Pascalet (Rébuffat)
  • 1981 - Rousset (Cuillé)
  • 1982 - Rousset (Cuillé)
  • 1983 - Segren (Guillerme)
  • 1984 - Samouraï (Saumade)
  • 1985 - Fidélio (Laurent)
  • 1986 - Furet (Lafont)
  • 1987 - Filou (Laurent)
  • 1988 - Barraïé (Lafont)
  • 1989 - Barraïé (Lafont)
  • 1990 - Banco (Laurent)
  • 1991 - Sangar (Janin)
  • 1992 - Barraïé (Lafon)
  • 1993 - Président (Saumade)
  • 1994 - Président (Saumade)
    Barraie
  • 1995 - Mourven (Blatière)
  • 1996 - Dalton (Joncas)
  • 1997 - Rubis (Laurent)
  • 1998 - Muscadet (Rouquette)
  • 1999 - Tristan (Saumade)
  • 2000 - Pythagore (Cuillé)
  • 2001 - Tristan (Saumade)
  • 2002 - Virat (Nicollin)
  • 2003 - Scamandre (B et Jean)
  • 2004 - Virat (Nicollin)
  • 2005 - Camarina (Chauvet)
  • 2006 - Mathis (Lautier)
  • 2007 - Camarina (Chauvet)
  • 2008 - Camarina (Chauvet)
  • 2009 - Pasteur (Fabre-Mailhan)
  • 2010 - Guépard (Cuillé)

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